Le 13 Juillet, nous laissons nos amis Eric, Caro, Jade et Lilou pour embarquer Maeva avec son petit Louka. Depuis 6 jours, nous baroudons en famille entre Bandol, la presqu’ile de Giens, les îles et le Cap Taillat, avant St Tropez. Une jolie brise nous accompagne régulièrement. Il fait une chaleur caniculaire, plongées, baignades, ballades à la voile sont au programme. Et puis, un soir, au cap Taillat, Arthur s’interroge : « Et si nous allions voir les baleines ? » Voilà une belle idée. Rapide coup d‘œil, le vent baisse sur les 3 prochains jours, il est quasi nul au large dans 2 jours. C’est le bon moment. On en profite pour ravitailler le lendemain 18/07 à Cavalaire.
Et nous voilà partis à 19h pour un point marqué plein sud à environ 60 miles au large.

Mer d’huile, on est au moteur. Je consulte rapidement quelques articles du CNRS communiqués par mon beau frère Tophe sur les observations des cétacés en Méditerranée. J’affine un peu mon point avec une arrivée prévue sur zone vers 6h du matin. Coucher de soleil magnifique. La nuit est belle, on enchaine 4 quarts par couple adulte/enfant de 2h pendant que Maeva s’occupe de son petit Louka de 3 ans qui se fait une belle nuit. Lever de lune vers 1h du mat.
A 5h30, je suis avec Arthur, le ciel se colore, le soleil se lève, je me dis en moi-même que c’est souvent à ce moment que la ligne s’excite…. Quand soudain…

Le moulinet file à toute vitesse. Arthur ralentit le bateau et réveille l’équipage. On ramène un petit thon de près de 15 kg quand même. Quelle chance, la journée commence bien. Me voici à découper les filets. La mer est d’huile, le temps est clair, comme prévu. Les conditions sont parfaites pour observer.
Tout le monde est à son poste quand soudain…

Arthur et Elio crient, BALEINES, BALEINES !! Eh là, je n’ai pas fini de découper les steaks de thon… Attendez un peu !!! MAIS OUI, C’EST EXACT, 2 ailerons se dessinent au loin. Ce sont bien 2 baleines, nonchalantes et des dauphins joueurs partout. Ils sont plusieurs dizaines. La féérie va durer 3 heures. Les baleines doivent chasser, elles tournent doucement en rond, les dauphins autour, comme s’ils les guidaient. La lumière du matin est superbe, quel bonheur d’observer un tel spectacle. Hier, nous étions au mouillage, dans la foule, au temple des selfies. Cette nuit, seuls. Et ce matin, nous observons une faune sauvage fascinante. Les larmes me montent aux yeux. Les baleines, c’est fascinant. Le souffle, cette présence, cette vie si puissante, un regard parfois et cette connivence qui semble s’installer entre nous… Doucement nous nous rapprochons. Ce sont 2 rorquals communs, ils ne cherchent pas le contact, mais ne semblent pas dérangés par notre présence. Nous nous rapprochons doucement. Parfois nous sommes entre les 2. Parfois à moins de 3 mètres. Quelques respirations, et hop, ils plongent quelques mètres sous la surface. On les voit par transparence. Les dauphins aussi semblent jouer. Parfois, ils se dressent hors de l’eau, sur leur queue. Quel spectacle, quel bonheur de partager ça avec les enfants. Le manège dure 3 heures, il pourrait durer toute la journée.
Mais, si nous voulons rentrer sur Porquerolles avant la nuit, il nous faut repartir.

Nous sommes à 58 miles au large, encore 10 h de moteur pour rentrer. Au moteur, toutes voiles dehors, avec 10 nœud de vent, nous gagnons 2 nœuds. A 18h, nous mouillons dans la baie des langoustiers où nous retrouvons des copains de Grenoble également sur un voilier, mouillés ici. Ce soir, nous serons encore 11 à bord, thon frais au menus. Quelle belle journée à bord de L’Oiseau Lyre !!




