Tout ce temps sans nouvelles…
Comment font les autres pour donner des nouvelles régulièrement alors qu’il y a tellement d’autres choses à faire et si peu de réseau en mer ?
Alors, voici un récapitulatif de cet été.
Nous avons passé un bon moment à Minorque sur la côte Est principalement.
Franchement, pour un mois de juillet, il n’y avait pas trop de monde. Bon, il faut dire qu’on s’arrange pour naviguer pendant la journée entre deux mouillages : ça permet d’éviter les calas un peu trop fréquentées par les bateaux qui viennent à la journée (donc entre 11 et 17h environ).
On a découvert des endroits splendides et encore un peu sauvages. Vraiment, gros coup de coeur pour Minorque!
Avec les sacs étanches, on peut débarquer à la nage pour aller faire les courses ou aller courir…
On a bien profité de Majorque aussi. En passant sur la côte Sud-Est, on a trouvé plein de très jolies petites criques.
Bref, des navigations relativement calmes et des mouillages bien agréables 🙂
Première escale sur le continent à Cartagène. Jolie ville, très contrastée entre les bâtiments refaits à neuf, ceux en rénovations et ceux qui le seront un jour…
Arrivée dans la baie de Gibraltar, vent de face pour passer le cap, c’était impressionnant ! On est passé d’une mer très calme à une mer très agitée en très peu de temps.
Mouillage dans la baie, entre les cargos… Le lendemain, visite de la ville et du « Rocher » (payant à prix fort mais on a apprécié quand même). Et au petit matin, des nuées de dauphins chassaient dans la baie quand nous sommes partis pour pour passer le détroit, cette fois-ci avec du bon vent et le courant dans le bon sens 🙂
On a longé les côtes depuis Gibraltar à moins de 20m de profondeur pour éviter les orques, qui apparemment aiment jouer avec les safrans des bateaux. Et comme une orque c’est très fort, ça peut casser le safran (donc on ne peut plus diriger le bateau) et éventuellement en cassant, ça peut faire une voie d’eau (et donc on peut couler).
On est remonté jusqu’à Cadix (sur le chemin du Portugal) puis on a bifurqué tout droit vers l’Ouest pour gagner les zones de grande profondeur le plus vite possible, et ainsi, éviter à nouveau de rencontrer des orques. Pari réussi.
En plus, ça nous a permis de visiter Cadix qu’on a adorée !
La visite de la camera obscura notamment est particulièrement intéressante au niveau technique (optique et architectural) et paysager (on peut admirer toute la ville de haut, et avec une loupe géante).
Après 100h de traversée (sans histoire), nous arrivons à Porto Santo, une île très rocailleuse au Nord-Est de Madère.
Il y a très peu de végétation mais la roche montre des couleurs et des textures très contrastée : de la lave très dure et noire, du sable blanc, des endroits très rouges ou ocres qui s’effritent … et de temps en temps, un cactus ou un palmier.
Nous arrivons à Madère avec beaucoup plus de vent que prévu et un gros incendie qui ravage le milieu de l’île. Nous restons sur la partie Est (entre le Cabo Sao Vicente et Funchal). Il y a peu de mouillages et nous devons réparer une petite fissure dans la coque tribord, juste à la jonction avec le carré (la partie qui relie les deux coques). Finalement, cette réparation se fera au port (poncer et résiner) à l’abri des vagues.
A chaque changement d’équipage, le bateau est complètement nettoyé et inspecté. Lors de l’inspection avant de quitter Madère pour les Canaries, nous observons une petite fissure sur la cadène d’un des haubans (= l’attache du câble qui tient le mât sur un des deux côtés).
Pas de réparation possible à Madère, il nous faut trouver un chantier aux Canaries qui pourra réparer ça… et naviguer avec la grand voile repliée en grande partie (elle ne peut pas dépasser cette attache qui se trouve à 2,7m du haut du mât).
Et pour éviter que la fissure se propage pendant la navigation, on perce un petit trou de chaque côté.
On vise un créneau avec pas trop de vent, et plutôt arrière si possible. Evidemment, ça ne se passe jamais tout à fait comme prévu, il nous faudra aussi réduire la voile d’avant.
On y arrive finalement sans encombre, et après une superbe halte sur les îles Selvagem qu’on a adorées : il y a juste 5 personnes du parc qui habitent sur cette île et plusieurs milliers de puffins qu’on admire en vol le soir quand ils reviennent nourrir leurs petits (observables très proches à terre, car cachés dans chaque recoin rocheux en cette période).
Arrivés à Lanzarote (l’île la plus à l’Est des Canaries), il nous faut gérer le chantier pour la réparation du mât : démâter, trouver les personnes qui pourront faire les réparation, trouver les pièces nécessaires… finalement, les pièces seront envoyées en grande partie depuis la France. Et après (beaucoup) d’aller-retours entre l’expéditeur, la société de transport, les douanes et plusieurs semaines de retard, les pièces arrivent enfin. Yapluka faire les réparations et remâter… bientôt on espère !
On arrive à profiter d’un week-end pour louer une voiture et faire un tour de l’île : les vents n’épargnent pas la végétation, à moins de la protéger par des murs de pierre. C’est impressionnant !
Puis c’est le retour en France pour Aurélie et Julien, le temps de travailler un peu, voir la famille et les amis (et aussi quelques médecins)… en quittant les Canaries sous un ciel de folie !

C’est aussi le temps de faire un bilan de cette première phase de voyage :
- beaucoup de belles découvertes, des équipages joviaux, une gestion au poil des navigations et des manoeuvres, des apprentissages pour tout le monde…
- mais aussi un rythme bien trop rapide, un temps insuffisant passé à terre pour visiter, profiter… et trop peu de temps de récupération entre chaque équipage pour se retrouver un peu et avoir le temps de faire les entretiens et inspections sans se presser.
Bref, quelques ajustements à faire pour ralentir encore et encore, et on s’appliquera sur ces points pour la suite 🙂
Et donc, pendant ce temps, PhiPhi et ses équipiers s’accommodent dans la bonne humeur d’un bateau sans mât et sans voiles: navigation au moteur, cabotage, pêche, découverte de Fuerteventura…
































